Le sens du toucher et l’art de toucher l’auditoire
PAR SOPHIE JAMA LE 11 JUIN 2024 THÉÂTRE / CIRQUE
Odyssée du câlin, proposé par la comédienne Dji Haché dans le cadre du festival Fringe, est à la fois drôle, intéressant, rafraichissant et touchant. Cette docu-fiction sur le thème du câlin permet de poser une réflexion sur ce contact physique particulier que l’on peut avoir avec d’autres (humains, animaux, voire végétaux) et de découvrir sa place dans des cultures différentes de la nôtre.
Il s’agit là d’une déclinaison du câlin censé nous accueillir aux premières minutes de la vie et qui se poursuit ensuite sur un mode plus ou moins chaotique.
Essentiel pour le bon développement de l’individu et l’équilibre de sa santé mentale, le câlin a douloureusement manqué à Dji Haché au moment de la pandémie. Elle n’est certainement pas la seule. Trois ans de restrictions sanitaires l’ont poussée à mener des recherches très sérieuses sur ce mode de contact, qu’il faut distinguer de l’approche romantique entre individus, ce qui présente certaines subtilités qu’elle s’amuse à pointer en passant.
Des vidéos projetées sur un écran documentent ses propos alors qu’avec une énergie folle, elle change de costume et de coiffure pour se présenter sous une autre identité et offrir mille surprises au public.
Aline Câline, accompagnée de son complice Alain Câlin, et de quelques autres personnages, nous mènent aux quatre coins du monde dans un jeu de séquences où l’artiste trouve le temps de se transformer totalement pour montrer que le câlin, aussi essentiel que l’air que l’on respire, n’est pas toujours apprécié, peut inquiéter certains, être réprimé par la loi ou l’objet de concours et autres records plutôt étranges inscrits dans le Guinness Book.
Dans ce One-Woman-Show, Dji Haché montre son talent de comédienne et d’humoriste. Son texte est drôle, intelligent. Il frôle parfois l’humour noir, mais avec une innocence rafraichissante.
Dji Haché a bien des cordes à son arc, elle est capable de danser et elle achève son spectacle par une poésie slamée. La compagnie, Les Productions Jardins Sauvages, qu’elle a créée en 2011, s’est déjà produite à trois reprises dans le cadre du Fringe de Montréal.
(pieuvre.ca)